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 Vanuatu - la poste sous-marine

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Nombre de messages : 22
Date d'inscription : 21/04/2007

MessageSujet: Vanuatu - la poste sous-marine   Lun 14 Jan - 0:04

Avez-vous déjà eu l’idée d’aller poster une lettre dans une boite située au fond de l’océan ? Puis d’escalader un volcan pour poster une carte dans la boite située au bord du cratère ? Non ? Pourtant c’est faisable, moyennant quelques heures d’avion vous pouvez vous offrir ce sympathique passe-temps bon marché et qui ne manque pas de faire plaisir à vos correspondants.
Bon, précision utile, il faut vraiment aller sur place, et pas se contenter d’un simple clic sur un site Internet qui vous expédierait vos courriers depuis le lieu de votre choix… et le « sur place » c’est juste de l’autre côté de notre petite planète, à quelques 19.000 Km à vol d’oiseau …
Petit voyage en somme que j’ai donc eu le plaisir de réaliser voici quelques temps et qui mérite donc d’être partagé, philatéliquement parlant.
C’est donc parti de St Brice un vendredi midi de cet été pour l’aéroport de Roissy, après escale à Hong Kong, puis une autre escale à Sydney, que je suis finalement (après une trentaine d’heures de vol et 10 heures de décalage horaire) arrivé le dimanche soir sur l’île d’Efaté à Port Vila, capitale du Vanuatu.
Pour ceux qui ont omis d’ouvrir leur Yvert & Tellier, tome 2, l’archipel du Vanuatu est situé dans le Pacifique sud, et avant son indépendance en 1980 fut plus connu sous le nom des Nouvelles-Hébrides, seul condominium franco-britannique de notre empire colonial et philatélique.
On y parle encore un peu français, beaucoup anglais (l’île est devenue une colonie économique sous la mainmise de l’Australie) et beaucoup bichlamar (le créole local) et le touriste français y est assurément une denrée très rare.
Heureusement on n’est pas trop loin de la Nouvelle Calédonie (1 heure de vol à peine) et donc les français sont encore reconnus … Ah, vous êtes français ? Vous êtes de Nouméa ?
- Euh non, d’un peu plus loin …
- Non, d’où cela ?
- Ben, de France … là bas, en Europe …
- Non ?
O surprise … là, on fait vraiment sensation … des français de France, cela ne n’était pas vu depuis … une éternité …
Les habitants qualifient volontiers leur île de « la plus heureuse », oui, pourquoi pas. C’est un paysage de cartes postales, avec cocotiers et plages et l’océan … pas trop développé, pas encore pourri par le tourisme de masse, et avec une population d’une extraordinaire gentillesse et disponibilité pour les humbles visiteurs que nous étions … assurément bien loin de nos banlieues.
C’est donc un autre monde dans lequel nous avons vécu plusieurs semaines (en dehors de l’île principale), sans téléphone portable, sans Internet, sans télévision, sans électricité … mais sans en ressentir le besoin non plus.
Le temps de passage sur l’île capitale étant très court (la première journée du 23 juillet) nous avons donc décidé de faire un tour complet de l’île, avec halte dans Port-Vila pour en découvrir les premiers quartiers.
Evidemment, ma première visite fut pour la poste principale .

En fait elle est également le seul bureau de poste de l’île et, avec une boite aux lettres accrochée à l’entrée de l’aéroport, sans doute aussi le seul endroit où poster son courrier.
Il s’agit néanmoins d’une poste visiblement moderne, qui me rappelle assurément les bureaux de Nouvelle Calédonie par les centaines de boites postales qui tapissent les murs extérieurs du bâtiment.
L’intérieur de celui-ci est aéré mais peu fréquenté si ce n’est par les touristes, car la poste est bien entendu le lieu où l’on achète les timbres, … les enveloppes, le papier, le journal, les stylos, les souvenirs, les cartes postales, les pellicules photo … et dans les présentoirs muraux nous attendent tous les produits philatéliques, sous pochette : pochettes d’enveloppes 1er jour, packs de timbres, tout est en libre-service et chacun peut y faire ses commissions avant de passer à la caisse.

Dans un coin, ce qui m’attire le plus ce sont les quelques entiers postaux (pour lesquels j’ai quand même fait le voyage) actuellement en vente : 2 aérogrammes et 8 cartes postales.
Petit aparté sur ce domaine particulier de la collection.
Si les premiers timbres néo-hébridais sont parus en 1908, les premiers entiers postaux datent des années 70, et sont d’ailleurs fort limités.
Un aérogramme « concorde » à 35 centimes en 1972 (AER 1)
Le même surchargé 15 FNH en 1977 (AER 2).
Le suivant avec une autre vignette « concorde » à 15 FNH en 1978 (AER 3)
Suite à l’indépendance de 1980, l’aérogramme 3 des Nouvelles Hébrides est surchargé VANUATU avec 3 variétés de surcharges (espacements variables : AER 1a, 1b, 1c).

Suivent ensuite les aérogrammes au type « poisson volant » à 20 vatus en 1981 (AER 2), puis 30 vatus en 1986 (AER 3), le même avec surcharge de l’exposition Stampex’86 en 1986 (AER 4), puis au type « Grue » à 40 vatus en 1987 (AER 5), puis au type « avion » à 55 vatus en 1992 (AER 6) et celui à 70 vatus au type « Angelfish » en 1997 (AER 7).
Les deux derniers aérogrammes ont été émis en 2003 et sont aux types « baleine » et « héron » à 80 vatus (AER 8 et AER 9). Ce sont ceux qui sont encore en vente dans le bureau de Port Vila en 2007, et j’en fais immédiatement de vastes emplettes.
Pour ce qui est des cartes postales, le Vanuatu n’en a émis que 9 en tout. La première date de 1982 et fut émise avec la série de timbres de Noël et était partiellement prépayée à 5 vatus (CP 1), le reste de l’affranchissement devait être complété par l’expéditeur.

En 2004, 4 cartes postales (CP 2 à 5) furent émises, les premières cartes waterproof destinées à être postées dans un bureau de poste sous-marin. En 2005 les 4 cartes suivantes (CP 6 à 9) furent cette fois émises pour la mise en service de la première poste volcanique. Ces 8 cartes étaient celles qui étaient en vente et dont, là aussi je fis de larges provisions.
Nanti de mon stock confortable je passe donc à la caisse … et suis accueilli par de sympathiques guichetières pour qui l’arithmétique semble un mystère car nos additions respectives ne coïncidaient pas vraiment. Bien, la poste du Vanuatu offre de magnifiques timbres (séries sous-marines, nature, paysages, faune et flore locales) mais l’on n’y connaît pas encore l’utilisation des cartes de crédit, et il n’y a que les espèces qui y sont acceptées.

Le tarif des aérogrammes étant passé de 80 à 90 vatus depuis 2003, ceux-ci sont donc munis de timbres en complément et je peux ainsi commencer ma longue série de Petit Poucet …
C’est du moins ce que j’avais l’intention de faire. Comme souvent pendant mes péré-grinations philatélico-touristiques, j’écris beaucoup de courriers sur entiers postaux (donc ici ce seront des cartes prépayées et des aérogrammes) que je sème ensuite tout au long de mes déplacements entre les différents bureaux rencontrés.

Ici, le premier est celui de Port-Vila et donc les premiers envois y sont faits dans la foulée. Ensuite, il faudra bien voir selon les différents lieux qui vont être visités tout au long du voyage de 3 semaines qui va nous mener entre différentes îles, Efaté, Espiritu Santo, Malekulo, Ambrym, Tanna et retour à Efaté.
Mais le premier, et plus original, lieu de visite va être l’îlot de Hideway. C’est en effet à partir de cet îlot, situé à une quinzaine de minutes de route au nord de Vila que se trouve la seule poste sous-marine au monde (dixit Vanuatu-Post).
Et comme les cartes routières sont pratiquement inexistantes dans ce pays, ainsi que les panneaux de signalisation également, trouver l’embranchement qui mène à la bonne plage est déjà un exploit.
Néanmoins nous la trouvons.
Une navette (canot à moteur) assure la desserte de l’îlot et nous embarquons donc pour une rapide traversée des 200 ou 300 mètres du bras de mer. Notre matériel, ô combien philatélique : maillot de bain, palmes, masque et tuba pour aller explorer les fonds marins … et quelques cartes postales. J’ai évidemment fait des émules car mes compagnons de voyage, pas du tout philatélistes, ont eux aussi apprécié l’idée d’aller poster leur courrier au fond de l’eau et ont également acheté quelques cartes à la poste de Vila.
Les cartes sont légèrement plastifiées, ce qui assurera leur imperméabilité à l’eau, mais la question se pose en revanche du texte qui sera écrit dessus … l’encre n’est pas nécessairement résistante à l’eau, elle. J’ai bien pris un stylo-bille, mais son encre résistera-t-elle ? Ce n’est pas certain … Un australien qui partage notre canot et connaît déjà les usages postaux sous-marins nous suggère d’opter pour le crayon de bois … et fort aimablement va nous en chercher un à la boutique où sont accueillis les plongeurs de l’île.
Les habitations y sont en effet plus que rares et juste limitées à un restaurant, quelques douches et aux installations du club de plongée. Le temps de se poser sur une table de pique-nique sur la plage et je sors mon stock de cartes, ma liste d’adresses, tandis que mes compagnons se jettent à l’eau, à la recherche de la poste sous-marine … Eh oui, rien n’est indiqué, il n’y a pas de panneau en surface pour dire : c’est ici !
Je rédige tout de même une vingtaine de cartes, pour un peu partout, et surtout pour chez moi. Cela fera donc quelques heureux … Ensuite il restera l’oblitération à faire… pour cela, ce sera le rôle de la poste locale, puisque l’oblitération doit se faire sous l’eau au bureau, par le postier en scaphandre … (c’est du moins ce qui est montré sur les cartes) … mais en fait je ne m’attends pas à trouver un guichetier sous 2 mètres d’eau qui assurerait sa journée en regardant passer les poissons ! L’oblitération est en fait une marque en relief faite avec une pince qui reproduit une oblitération classique … donc pas de risque que l’encre ne se dilue dans l’eau de mer.
C’est donc nanti de mon stock de cartes que, à mon tour, j’entre dans l’eau, palmes aux pieds, masque sur les yeux, tuba coincé entre les dents … heureusement, j’ai sagement pensé à mettre mes cartes dans un sac plastique pour faciliter leur transport durant la nage.
Plouf. C’est parti.
L’eau est assez trouble sur les bords mais peu à peu en avançant elle s’éclaircit et l’on distingue bien le fond sableux, les coraux, les bancs de poissons … c’est magnifique, mais sans bureau de poste …
Je sors la tête de l’eau et cherche du regard les autres plongeurs … ils sont là à quelques brasses et me font signe. Ils ont trouvé le bureau, caché derrière un massif de coraux… je nage lentement et je tape en plein dans le massif (aïe !) puis découvre à mon tour l’édicule sous-marin, tout à fait conforme à la carte postale, exception faite du postier en scaphandre qui doit être en congé aujourd’hui !
En tout cas la boite aux lettres est bien là, à deux mètres sous l’eau attendant sagement que l’on vienne la nourrir … ce que je prépare à faire quand … horreur !
Le sac plastique dans lequel j’avais rangé mes cartes s’est ouvert en cours de nage et presque toutes les cartes sont tombées au fond de l’eau … la guigne !
Du coup tout le monde se met à fouiller le fond marin, retrouve les cartes dans le sable, coincées entre les coraux, et peu à peu les dépose dans la boite aux lettres. Ouf, c’est fait …

Il ne reste plus qu’à retourner sur la plage après une petite exploration des environs sous-marins. L’essentiel, pour moi, est fait. Le courrier est posté; il reste donc à attendre le passage du postier et à attendre sa distribution en France dans quelques temps …
La suite des postes de l’extrême, pour reprendre la formule locale, se fera donc sur le volcan Yasur, sur l’île de Tanna, mais cela ne se fera pas avant la fin du séjour.
Car d’ici là, j’escompte bien semer quelques entiers dans toutes les boites des multiples bureaux postaux des îles que nous allons visiter … Euh, enfin, c’est ce que je crois.
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