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 Vanuatu - la poste volcanique

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Nombre de messages : 22
Date d'inscription : 21/04/2007

MessageSujet: Vanuatu - la poste volcanique   Lun 14 Jan - 0:06

(suite de Vanuatu, la poste sous-marine)
Le soir même je poste à Vila mon premier aérogramme (un AER 2 de 1981 à 20 vatus avec 70 vatus de complément d’affranchissement) et le lendemain (24 juillet), je poste de l’aéroport le second (un AER 8 « Baleine » avec 10 vatus de complément) avant de décoller vers l’île d’Espiritu Santo.

La ville principale est Luganville et nous y entamons notre périple qui va nous conduire dans les différents sites de l’île, au milieu des populations rurales, des missions chrétiennes, des champs d’épaves de la deuxième guerre mondiale, des plantations de cocotiers et d’une nature profondément sauvage et toujours vierge. « en route nous découvrons les paysages de l’île et j’y retrouve sans problème tous mes souvenirs de Calédonie, tant les plantations, la végétation et les gens y sont semblables. Plantations de cocotiers régulières (nous sommes passés devant l’usine de coprah qui embaume), arbres et forêts qui rappellent plus le bocage normand qu’une île du Pacifique, et vaches et chevaux qui paissent dans les prairies ».

25 juillet : bref passage à la poste pour envoyer le matin 2 ou 3 aérogrammes . Les locaux sont semblables à ceux de la poste de Vila. Le présentoir à cartes postales propose les entiers sous-marins et volcaniques, là aussi. J’en reprends quelques autres, histoire de compléter mon stock.

27 juillet : je rédige mes courriers dans la cuisine du motel dans lequel nous sommes descendus, avec en fond sonore les prêches matinaux des pasteurs évangélistes dans le parc municipal, un peu de musique reggae ou du Frédéric François … j’avais initialement prévu de tenir un journal de voyage dans un carnet spécialement acheté à cet effet, mais celui-ci restera définitivement vierge et ce seront en fait mes aérogrammes qui seront les dépositaires de mes épîtres quotidiens. Je m’y astreins chaque jour, et c’est ainsi que je remplis 2, 3 voire 4 aérogrammes qui vont s’empiler avant de trouver une boite aux lettres accueillante.
A l’époque de l’Internet et des e-mails, cette méthode oubliée (écrire des lettres, et sur du papier !) est ô combien jouissive et éminemment philatélique … Pratiquement plus personne n’écrit sur un aérogramme de nos jours, et pourtant c’est tellement pratique … le papier est fourni, le timbre est déjà imprimé, tu n’as qu’à écrire, coller et poster …

Je pense à tous ces explorateurs qui il y a un siècle à peine rédigeaient leurs courriers, leurs compte-rendu d’exploration devant leur tente, assis sur un tronc d’arbre, tandis que leurs porteurs se reposaient et que le boy préparait le repas avec le gibier que les chasseurs avaient ramené … les mêmes courriers que l’on retrouve parfois aujourd’hui dans les boites à cartes ou lettres des négociants de timbres … oui, tout cela fait rêver, alors à mon tour je conte mes découvertes.
« Suite de la route plein nord vers Port-Orly. Gros village (3000 habitants répartis entre le village et les tribus installées dans les environs) où l’accueil est d’autant plus sympathique qu’il s’agit du premier gros bourg francophone du Vanuatu (tous catholiques = tous francophones … et francophiles). Accueil des anciens dans la case à glandouille où chacun vient discuter, écouter, palabrer … entre hommes.
« L’influence française est évidemment bien vécue et la présence française ô combien vénérée (« c’était mieux quand les français étaient là »). On regrette le 14 juillet et son feu d’artifice (pour la fête nationale du Vanuatu, maintenant c’est juste quelques chansons et rien de plus) aussi on fête la France quand on peut (en 98 ils ont fait la fête toute la journée quand la France a gagné la coupe du monde !) … laquelle ne les oublie pas non plus : arrivée prévue ce dimanche de l’ambassadeur de France et de 2 sénateurs pour l’inauguration de la nouvelle école.
« La population y est extraordinairement chaleureuse et pas stressée du tout. Tout français (rarissime en dehors des calédoniens) y sera donc accueilli au mieux et invité à rester.
« Il faut développer le tourisme, répètent-ils… ils ne savent pas encore trop comment, mais il le faudra ».

27 juillet : les derniers courriers sont postés et l’on change de région. Direction l’île de Malékulo, les îlots de Vao et de Rano. Chaque jour mon stock de courrier s’épaissit un peu plus. Seulement comme nous sommes logés en brousse et que nos excursions nous emmènent partout sauf devant une poste, je garde mes aérogrammes au fond de mon sac à dos … le lundi tout de même nous passons à Lakatoro mais nous sommes le 30 juillet, jour de l’indépendance et donc tout est fermé … Qu’à cela ne tienne, je vais quand même à la poste locale … fermée naturellement … mais aussi sans la moindre boite pour y déposer le courrier.

Normal, m’apprend-on, ici on remet le courrier au postier en main propre, donc pas besoin de boite extérieure … Soit, je continuerai donc à attendre la prochaine boite. On verra demain matin s’il y a une possibilité de poster à l’aéroport, sinon ce sera depuis la prochaine étape à Ambrym.
31 juillet : « à l’aéroport (juste la salle d’enregistrement, le reste des bâtiments ayant brûlé) on embarque tout le matériel (bagages plus la nourriture pour nos repas à Ambrym) dans un avion encore plus petit : cette fois c’est un 8 places + le pilote.
« Le vol est très court pour atteindre l’île voisine de Ambrym. J’emporte mon stock de courrier, faute de poste où avoir pu le déposer. A l’aéroport de Craig Cove, on fait de plus en plus petit : c’est juste un bâtiment unique avec la salle d’enregistrement et la salle d’attente. Les habitants des environs viennent là comme au spectacle voir l’atterrissage et décollage des avions, deux fois par semaine. »

Ambrym est une île volcanique où nous sommes hébergés dans la mission catholique de Sessivi, au milieu de la population tout aussi accueillante et tout aussi dépourvue d’infrastructure postale. On ne manque pas de petits villages de ci et de là, mais le seul bureau de poste de l’île est à Craig Cove, bien loin de Sessivi.
Il y a bien une église, un collège, un épicier … mais la poste c’est celui qui passe part là bas qui rapporte les courriers du village et ces temps-ci personne n’y va …
Donc mes courriers vont continuer à s’accumuler. J’y rapporte néanmoins les différentes étapes des visites de villages en brousse, les danses tribales qui nous sont montrées, la cérémonie du kawa à laquelle nous succombons, le tremblement de terre qui nous secoue le matin quand nous ne sommes pas réveillés par les cochons sauvage qui viennent fouir sous notre case… jusqu’à la traversée de la foret tropicale, l’ascension de la caldeira du volcan, la traversée de la plaine de cendres et enfin l’escalade finale du volcan Bembow. C’est là une promenade sympathique d’une dizaine d’heures de marche, mais sans boite aux lettres à remplir ici ; la poste volcanique c’est en effet uniquement sur le volcan Yasur, sur l’île de Tanna. Heureusement d’ailleurs car, au vu de la difficulté d’accès du site du Bembow, elle n’aurait pas été souvent ni approvisionnée ni relevée !
Néanmoins c’est un grand moment ; assis sur le rebord du cratère, avec sur notre gauche les vapeurs sulfuriques qui s’échappent de l’autre volcan, le Marum ; sur l’horizon se profile la forme au loin de l’île de Lapevi et de son volcan. Je discute avec un des guides de cette île et il me dit « … autrefois on allait sur cette île pour aller chercher des gens, … et on les ramenait pour les manger … ». Il a sans doute raison, l’escalade, cela vous met en appétit !
4 août : fin de séjour sur Ambrym, nous reprenons la route de l’aéroport. En route nous passons devant la poste … mais comme nous sommes le samedi, celle-ci est fermée ! Et c’est encore raté … visiblement je ne suis pas prêt de trouver un endroit où poster mon courrier …
Néanmoins, arrivés à l’aéroport, et en attendant le coucou qui doit nous transporter vers Port-Vila, nous discutons avec les villageois venus au spectacle pour le décollage du vol. Coup de chance, on me signale que la femme du postier est parmi eux. Sitôt su, sitôt propulsé vers elle… je saisi mon paquet de lettres qui m’accompagnent dans mon sac depuis le 27 juillet et je lui demande de les remettre à son mari pour qu’il les poste depuis son bureau … c’est risqué, pourrait-on penser, mais l’honnêteté naturelle de tous les habitants rencontrés jusqu’à présent me fait oublier mes appréhensions. Ce en quoi j’aurais raison car le paquet de courriers partira bien quelques jours plus tard … mais ne sera jamais oblitéré de Craig Cove. Pour quelle raison, je ne sais pas. En tout cas cartes et aérogrammes arriveront plus de trois semaines plus tard en France, mais oblitérés le 8 août à Port-Vila… visiblement ils avaient été remis tels quels à un pilote d’avion qui les avaient ensuite remis à la poste à l’arrivée … mais ce sont des habitudes courantes là bas, tout transporteur (avion, bateau, camion) est invité à faire du fret gratuit et/ou à rendre service à tout le monde … donc le transport du courrier relève là plus de la bonne volonté des pilotes d’Air-Vanuatu que d’un véritable service aérien de Vanuatu-Post.
5 août : arrivés enfin sur l’île de Tanna, nous nous installons dans nos bungalows au pied même du volcan. « A quelques centaines de mètres à peine se dresse la masse du Yasur, couronnée d’une lueur rougeoyante dans la nuit (la lueur de la lave au fond du cratère). Toutes les dix minutes à peine retentit une explosion sourde, suivie par la montée d’un panache de fumée s’élevant hors du cratère. »
« C’est donc avec un équipement minimum que nous sommes partis ce dimanche. Minimum par rapport à celui dont nous nous étions munis pour atteindre le Bembow. Il est vrai que l’accessibilité du volcan n’est pas un problème : l’entrée de la poste est située à 200 mètres des bungalows, juste à côté du panneau de la Poste du Vanuatu qui prévient les visiteurs qui s’avancent ici que c’est à leurs risques et périls qu’ils graviront le volcan et qu’elle ne peut être tenue pour responsable des dommages causés aux courriers qui y seront déposés … cela commence bien !

« La piste, prévue pour des véhicules qui viennent déposer les visiteurs au pied du cratère, est très praticable et une demi-heure de marche est suffisante pour arriver au contrefort du volcan, 150 mètres sous le cratère.
« Des fumerolles montent des terrains environnants, parsemés de bombes de lave. Deux constructions tranchent toutefois au milieu du paysage minéral : une cabane et bois (les toilettes publiques !) et une boite aux lettre bleue sous un abri à côté du même panneau qu’à l’entrée, avec le même texte de la Poste du Vanuatu.

« J’y dépose donc tout mon courrier, photo à l’appui pour illustrer les futurs articles à écrire pour le journal du club. »
La suite de l’excursion n’est plus philatélique, mais juste géologique et volcanique. Il n’en demeure pas moins que c’est magnifique et tout à fait conforme aux illustrations des timbres et des entiers postaux émis sur ce site.
C’est sans doute en remerciement de l’offrande qui lui a été faite en déposant mon obole dans la boite postale qu’à notre retour le volcan nous gratifiera d’un petit séisme… il s’exprime comme il peut ce brave Yasur !

7 août : après la découverte des villages avoisinants, des danses coutumières et des cérémonies présentant les peuples mélanésiens avant l’invasion des missionnaires, nous retenterons une nouvelle ascension du Yasur, ne serait-ce que pour à nouveau jouir du spectacle nocturne.
A cette occasion j’ai recomposé deux aérogrammes que je vais poster en passant sur le volcan. Ils vont rejoindre mes cartes dans la boite et j’espère qu’ils arriveront saufs dans quelques semaines en France.
Le plus long et le plus dur aura ici été de composer le texte de chaque carte postale, toutes différentes, pour chacun des correspondants. Chacune se devant d’être unique avant tout.
Voilà donc pour la deuxième poste de l’extrême, la poste volcanique.

Après quelques jours encore sur place, il sera temps de rentrer vers nos cieux toujours gris (c’était l’été 2007 en France et il avait pratiquement plu et fait froid constamment), ce que nous n’aurons pas fait sans avoir encore visité la Poste de Lennakel (LA ville sur l’île de Tanna) et semé quelques cartes encore dans la boite aux lettres de son aéroport .
Le dernier jour sera consacré à la visite de Port-Vila, où l’influence coloniale française est assez battue en brèche, nettement remplacée aujourd’hui par la colonisation économique chinoise et australienne. Ce sera l’occasion en tout cas de retourner au bureau de Port-Vila et de refaire le plein de cartes et d’aérogrammes, cette fois plus prosaïquement pour les revendre dans les clubs ou sur Internet à notre retour …
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